Séparation de biens et charges du mariage
Publié le :
25/02/2026
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Le règlement des échéances d’emprunt afférentes au logement familial par un seul époux marié sous le régime de la séparation de biens suscite régulièrement des difficultés au moment de la liquidation du régime matrimonial. Par un arrêt du 14 janvier 2026, la première chambre civile apporte une nouvelle illustration des critères permettant de distinguer la contribution aux charges du mariage d’une éventuelle créance entre époux.
Qualification des paiements effectués pendant l’union
Au cours du mariage, un époux avait assumé seul le remboursement des prêts souscrits pour financer l’acquisition en indivision de la résidence principale, puis d’une résidence secondaire. Il avait également pris en charge les dépenses courantes liées à ces biens, notamment les taxes et assurances. Les juges d’appel avaient analysé ces règlements comme générateurs de créances remboursables lors de la liquidation. L’épouse contestait cette qualification, invoquant la clause du contrat de mariage prévoyant une participation proportionnelle aux facultés respectives des conjoints, sans reddition de comptes. La Cour de cassation rappelle que le paiement, par un époux séparé de biens, des échéances d’un emprunt ayant financé un bien indivis affecté à l’usage familial est susceptible de constituer l’exécution normale de l’obligation de contribuer aux charges du mariage, dès lors qu’il demeure proportionné aux capacités contributives de l’intéressé.L’exigence d’une démonstration d’un dépassement contributif
La prise en charge exclusive des remboursements ne suffit donc pas, en elle-même, à caractériser une créance exigible. Encore faut-il établir que les sommes versées excédaient la part normalement due au titre des charges du mariage. En l’espèce, la Haute juridiction reproche à la cour d’appel de ne pas avoir recherché si les paiements litigieux dépassaient effectivement la contribution incombant à l’époux au regard de ses ressources. À défaut d’une telle vérification, aucune créance ne pouvait être retenue. Cette décision confirme que, même sous le régime de la séparation de biens, le financement du logement familial demeure étroitement lié aux devoirs conjugaux et suppose une analyse précise des stipulations contractuelles et des facultés respectives des époux. Référence : Cass. 1re civ., 14 janvier 2026, n° 23-13.389.Historique
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